3 questions à Yochai Benkler
Un des plus grands théoriciens de l’Internet, professeur de droit à Harvard résume en quelques points toutes les problématiques de l’eG8
TweetUn des plus grands théoriciens de l’Internet, professeur de droit à Harvard résume en quelques points toutes les problématiques de l’eG8
TweetAu cours de l’eG8, le jeune PDG de Facebook est revenu sur les révolutions arabes. Beaucoup ont mis en avant le rôle de Facebook dans ces événements. Pour Mark Zuckerberg, c’est d’abord Internet en général qui a changé la donne.
Lors du second et dernier jour de l’eG8, s’est tenue une table ronde (dîte “workshop”) sur le thème de la mobilité. “La mobilité change tout”, disait le programme avec en sous-titre “Be Here now” (“Etre ici et maintenant”).
Le trafic du réseau mobile est le nouvel eldorado des entrepreneurs du numérique. Son trafic augmente rapidement, plus rapidement que le trafic du réseau fixe déjà bien établi : hausse de 110% par an sur l’ensemble de la planète. La veille, Stéphane Richard, le patron de France Télécom, indiquait qu’à Paris l’augmentation du trafic mobile était de 5% par semaine, soit une hausse de 12,6 chaque année autour de la capitale. Pourquoi ? “Parce que les gens ont de plus en plus de smartphones et de tablettes et qu’ils s’en servent”, a-t-il répondu. “Les mobiles sont la nouvelle frontière”, a lancé un intervenant du workshop. Une remarque acquiescée de façon unanime.
David Barroux, du quotidien économique Les Echos, qui modèrait le “workshop”, a lui aussi mis tout le monde d’accord: “nous sommes à un tournant majeur de l’économie numérique” avec le début de l’ère des smartphones, a-t-il déclaré. “Presque tout le monde aura un smartphone”, a prédit Eric Hazan de McKinsey. Et les terminaux portables auront bientôt des performances proches de celles des ordinateurs fixes. “Samsung prépare des appareils avec quatre coeurs de processeurs”, rappelle Olivier Roussat, Directeur-General de Bouygues Telecom.
Mais au cours de la discussion, “être ici et maintenant” est vite devenu synonyme d’ “acheter ici et maintenant”. La technologie de paiement via téléphone mobile avec reconnaissance de la carte SIM a été longuement évoquée. La technologie du NFC (en anglais Near field communication), communication en champ proche, apporte simplicité et sécurité. Le protocole intéresse de nombreux industriels. Par exemple, la veille, Stéphane Richard en avait également parlé à Eric Scherer. Il a d’ailleurs rapporté que Google, Apple et d’autres constructeurs de terminaux étaient très intéressés.
La mobilité va-t-elle tout changer ? Personne ne le sait. Elle va en tout cas bouleverser les modes d’achat et de consommation.
Louis SAN / FTV
TweetAu nom de “La quadrature du net”,un des seul représentants de la société civile présent au forum donne son avis sur l’eG8.
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Attendu en diva, Mark Zuckerberg n’a pas fait de révélations à l‘eG8, réservant probablement affaires sérieuses et demandes concrètes au sommet du G8 de Deauville auquel il participera demain (faut-il considérer Facebook comme un neuvième Etat ?).
Que retenir de l’intervention du créateur de Facebook mercredi aux Tuileries ? Une humilité affichée : “Facebook n’est pas hégémonique” en raison de la volonté d’anonymat de nombreux internautes, “et c’est une bonne chose”. Car “la force de Facebook, c’est de s’appuyer sur une identité réelle. elle permet d’assurer des échanges sincères”, argumente-t-il.
Evasif sur le problème de la propriété et de la confidentialité des données (“à chacun de choisir sa limite, de trouver son équilibre”, “le public sait à quel marque faire confiance”), il a estimé que “la possibilité de partager resterait la grande tendance dans les cinq ans à venir”. “Partager”, un mot qu’il n’a cessé de marteler.
Comment explique-t-il son succès ? Par le fait d’avoir su mêler deux éléments déterminants pour un réseau social: “à l’université, je faisais de l’informatique et de la psychologie, ce sont les deux composantes essentielles de l’ADN de Facebook”. Celles qui détermineront demain le succès des éditeurs de musique, de films, de jeux vidéos … Il a d’ailleurs indiqué que Facebook allait connaître d’importants changements d’ici “3, 4 ou 5 ans”, intégrant notamment la possibilité de partager tous ces produits culturels. Mais nous allons faire appel à des services extérieurs, Facebook n’est pas une industrie cinématographique et ne le sera jamais, dit-il.
Le jeune milliardaire américain a tenu aussi à relativiser l’importance de Facebook dans les révolutions arabes : “Facebook a amené un outil, mais si ce n’avait pas été Facebook, c’aurait été quelque chose d’autre. Ce n’est pas Facebook, c’est l’Internet qui a fait ça. Facebook joue un rôle moins important que ce que disent les journaux”.
Prudent aussi sur le domaine d’extension de Facebook aux enfants de moins de 13 ans : “ce n’est pas une priorité pour nous aujourd’hui”. Mais pas un mot sur le fait qu’il était simple comme jeu d’enfant de contourner la vérification de l’âge sur le réseau social.
A la question posée par un internaute indien (“qu’allez-vous laisser au monde ?”), Mark Zuckerberg a répondu, en toute simplicité feinte : “je n’ai que 27 ans, laissez-moi un peu de temps”.
A celle de Maurice Lévy, patron de Publicis et organisateur de cet e-G8 (“quel est le message que vous allez transmettre demain au G8 ?”), il s’est contenté de répondre que dans de multiples pays, “le public et le privé fonctionnent ensemble”.
Après les généralités, place, demain, au business. Et pour l’anecdote, Maurice Lévy avait laissé sa cravate au placard, Mark Zuckerberg n’étant pas adepte des costumes et des chaussures cirées. Il portait d’ailleurs la panoplie de l’étudiant : t-shirt, jean et baskets, contrastant avec les participants de l’eG8.
Anne Brigaudeau et Louis SAN
Le président du Conseil National du Numérique nous parle du début de prise de conscience des enjeux du numérique par l’Etat.
TweetSéverin Naudet est le directeur d’Etalab, une mission publique chargée de créer le portail unique data.gouv.fr, permettant un accès direct et simple aux informations publiques afin notamment de favoriser leur réutilisation. Lors de l’atelier de l’eG8 consacré à « La politique de transparence », il a déclaré que la transparence induite par l’open data était une clé pour rapprocher les citoyens de leurs gouvernants.
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Gilles Babinet, qui préside le tout nouveau Conseil national du numérique depuis le 27 avril dernier, a répondu aux questions d’Eric Scherer sur le plateau de France Télévisions à l’e-G8.
Quelles sont les prochaines étapes concrètes pour le Conseil National du Numérique ?
Trois sujets très concrets sont sur la table :
Il faut y ajouter la question de la fiscalité du Net, sur laquelle on a été saisi par Bercy.
Est-ce que vous allez traiter la neutralité du Net ?
C’est une question tellement vaste qu’on va la traiter en permanence. Elle concernera la plupart des lois qui nous seront soumises.
Quels sont les premiers enseignements des deux jours passés ici par le Conseil National du Numérique ?
Il y a une petite prise de conscience des enjeux numériques par les pouvoirs publics. Notre pays est sensiblement en retard sur le numérique. La valeur créée représente 3,7 % du PIB en France contre 5% à 6% dans les autres pays de l’OCDE. On veut que ça change rapidement.
La France a réussi à fédérer la totalité des acteurs, ça ne s’était jamais fait avant, de réunir les patrons de Google et Facebook sous une même tente.
Il y a ici une forte opposition entre l’establishment et l’innovation. Qu’en pensez-vous ?
L’establishment s’oppose à ceux qui ont un comportement informel et innovant. Le monde de l’Internet a inventé des nouveaux process de management, comme l’e-conversation, qui monte et qui descend.
J’ai tweeté quelque chose de rigolo hier : “1ere journée de l’EG8: petit sentiment de nostalgie de ne plus être dans monde alternatif et de rentrer dans le rang des gens raisonnés…. “C’est important de garder notre âme. Notre ame transforme le monde. Il ne faut pas se faire récupérer.
Le monde du contenu était assez peu représenté au forum ?
A l’exception des entreprises de télécommunications, qui représentent quand même 500.000 emplois, les gens qui sont dans le Conseil National du Numérique, c’est du pur Internet, c’est assez holistique.
Ce qui est important, c’est d’avoir une approche ouverte, et de consulter. J’ai eu une discussion très intéressante avec Philippe Jannet (PDG du Monde Interactif), qui m’a sensibilisé à la problématique d’Apple qui intermédiatise le contenu.
Avec vous, la loi Hadopi serait passée ?
Hadopi est un sujet casse-tête, qui n’est pas passé dans le consensus. Moi j’ai un avis sur Hadopi, mais je fais partie d’un collège qui décide collectivement.
Le CNN survivra-t-il à la présidentielle ?
S’il survit, on aura fait notre boulot. S’il disparaît, ça veut dire qu’on était partisan.
Anne Brigaudeau / FTV.
Propos recueillis par Eric Scherer / FTV
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Gilles Babinet : “on a créé 4000 emplois pour le numérique avec 60 millions d’euros contre à peine 20.000 pour les cafetiers avec 4 milliards”
“On est en train de travailler sur le statut de la jeune entreprise innovante”, nous a précisé Gilles Babinet. “La version 1 a été saluée par l’industrie de l’innovation, la version 2 avait clairement bridé le dispositif. On va proposer d’ici 15 jours une nouvelle version, en retravaillant la version 1, de façon à ce que les sociétés profitables ne puissent plus bénéficier de ce nouveau statut.
Je rappelle que le fonds débloqué pour ce statut, qui représente entre 30 et 60 millions d’euros, a permis de créer 4.000 emplois, à comparer avec les 4 milliards d’aide aux cafetiers via l’allègement de la TVA, qui n’ont pas créé plus de 20.000 emplois.
AB
Cet entrepreneur de l’Internet, cofondateur de Skype nous parle du rachat par Microsoft de l’application leader de téléphonie par Internet
TweetLe directeur général de la BBC nous dit qu’il croit énormément au futur de la télévision et de sa marque dans le nouveau paysage audio visuel des TV connectées. Il parle aussi de l’enjeu de la neutralité du net.
Le e-G8 est entré ce mercredi dans sa deuxième journée. les sessions plénières, dont les débats sont censés alimenter le G8 de Deauville s’enchainent et déjà des voix discordantes se font entendre.
Sixième session plénière ce matin, et un thème :”Transformation numérique: réinventer l’activité traditionnelle”. Sur scène pour débattre Franco Bernabè, Président deTelecom italia, Rosabeth Moss Kanter, professeur à Harvard Business School, Eric Labaye, président de McKinsey Global Institute, Stephen A. Schwarzman, président de The Blackstone Group et Mark Thompson, directeur général de la BBC.
Tous témoignent de la révolution numérique qui a transformé le fonctionnement de leur entreprise. Des discussions, des échanges qui ne répondent pas à toutes les problématiques selon certains participants. Divina Frau-Meigs, professeur à l’université Sorbonne nouvelle-Paris 3, sociologue des médias et spécialiste des technologies de l’information et de la communication dénonce l’absence de représentant de la société civile.
“Plus qu’un forum, un écran de fumée” dénonce pour sa part Jérémie Zimmermann, porte-parole de “La Quadrature du Net”. Selon lui, “les vrais sujets ne sont pas abordés, voir même occultés”.
A l’occasion du eG8, Jérémie Zimmermann en a profité pour organiser avec quelques acteurs actifs du web, une conférence de presse pirate pour dénoncer ce qu’il appelle une opération de communication.
A l’issu du workshop consacré au “King Content”, le “contenu roi”, le patron de Dailymotion France, Martin Rogard était agacé de l’utilisation systématique du terme régulation dans les discussions.
Alec Ross, conseiller pour l’innovation de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, participait à l’atelier « Liberté électronique – Les outils pour la liberté ». Selon lui, Internet peut être facilement manipulé et limité par les dictatures, mais peut aussi se retourner contre les régimes oppressifs.
TweetLe PDG d’HTC, un des plus grand vendeur de smartphones au monde, évoque les usages et les liens forts de sa marque avec l’OS Android de Google.
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